vendredi 26 mars 2010

Stylo américanosophe



Nobby Clark's Folly

mardi 23 mars 2010

Il était une fois dans l'Ouest


Il était une fois dans l'ouest du Texas, Edmund,un ranchero qui avait perdu ses bisons. Alors qu'il parcours son terrain pour recencer ses bêtes après une période de violents orages, il note avec inquiétude qu'il en manque plusieurs: là, entre plaines et canyons, les brusques et violentes averses creusent la terre en de profonds fossés de boue qui peuvent parfois emprisonner et, pire, noyer les animaux imprudents.
En verifiant les enclos, le fermier remarque alors dans les fils barbelés un espace suffisement large pour qu'un bison puisse s'y glisser. Plus ou moins rassuré, il téléphone alors au fermier voisin, Jackie:
- J'ai perdu mes bisons, as-tu vu mes bisons?
- Il n'y a plus de bisons ici, répond Jackie en raccrochant aussitôt.
Inquiet, Edmund attend le lendemain pour rappeller Jackie, qui lui répond "Je me suis occupé des bisons".
Jackie a alors admis avoir tué les 51 bisons d'Edmund en deux jours, laissant les cadavres des bêtes à leur triste sort, sous le soleil du Texas.

C'est arrivé la semaine dernière. Edmund a bien sûr intenté une action en justice. Mais aux yeux de la loi texane, Jackie n'a pas à être blâmé: d'une part, le droit de propriété texan assure que tout ce qui se passe sur le terrain ne regarde que le propriétaire, et d'autre part, le bison étant classé "animal indigène" et non pas "bétail", il ne bénéficie d'aucune protection.

Au delà du préjudice moral et "sentimental", Edmund a perdu 3500$ par bison. En effet, dans le ranch d'Edmund, chaque bison abattu coûte 3500$ au tireur, constituant un confortable revenu à Edmund, éleveur de bisons exclusivement reservés à la chasse.

Allez voir l'article "Texas Buffalo Shooting Triggers Culture Clash"
by Wade Goodwyn sur: http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=124890977

jeudi 4 mars 2010

mercredi 3 février 2010

Death Valley

Death Valley National Park

Dès la sortie de l'agglomération de Los Angeles, après les monts enneigés de San Gabriel, on plonge dans l'immense désert de Mojave, au sud de la Death Valley. Il reste alors trois heures et demi de route avant d'atteindre le parc national, trois heures et demi où les villes pourtant notées sur la carte se résument en majorité à une vieille station-essence-supermarché entourée de deux ou trois mobil home. Les routes deviennent de plus en plus étroites, et au delà de la route inter-état 5, deviennent peu à peu des pistes à peine goudronnées, et les panneaux des villes qui se font de plus en plus rares affichent, comme dans Lucky Luke, un nombre d'habitants de plus en plus faible. Certains mystères américains s'éclaircissent, dont la possession massive des SUV - énormes engins plus ou moins 4x4 - et l'unanimité de leur utilité, et ce même chez les gens qui ne mettront pas les pieds hors de Los Angeles mais ça c'est une autre histoire.

Avant de quitter l'axe principal Interstate Highway 5, nous visitons la petite ville fantôme de Calico. A moitié reconstitué, c'est un ancien village installé sur des mines d'argent. C'est très exactement Walnut Grove - le village de La petite maison dans la prairie - face au désert. Voilà, il ne nous reste plus qu'à longer le parc national sur deux heures de toute petite route, nous indiquant bien qu'on ne trouvera pas d'essence avant l'intérieur du parc, soit deux bonnes heures. En arrivant, la vue du Zabriskie Point annonce la couleur -Ta dah! - et un petit passage chez les rangers nous informe des meilleurs endroits à voir, de l'importance de ne pas mettre sa main dans un trou, de l'importance de ne pas s'engouffrer dans les anciens tunnels des mines - qui aurait l'idée de faire une chose pareille, tient, y en a qui l'ont eu! et en plus je les connait - de l'importance de ne pas gouter le sel des sols de la Vallée à 50 mètres des gisement de Borax - tient, pareil, je connais des gens qui ont essayé! - et surtout, surtout, de l'importance de boire tout le temps - et même si "oh non mais moi j'ai pas soif".

La vue de notre hôtel- disons "ranch"- le petit matin est assez spectaculaire. Le lever du soleil sur les monts du Panamint Range fait encore "Ta dah!" Et la cerise sur le gâteau, c'est le coyote que Louis et moi avons croisé, là tout près de nous. Il s'est mis à hurler alors qu'un chien et son maître passaient par là, c'est comme ça qu'on l'a reconnu! Les rangers déconseillent d'amener son animal domestique. Ils disent qu'il y en a deux ou trois par an qui disparaissent...
Nous voilà donc partis pour Badwater -282 pieds en dessous du niveau de la mer- Devil's Golf course et l'épaisse croute de sel sur laquelle on marche, Natural Bridge, Artists palette - même formation que les ocres de Roussillon. Alors que le temps était froid et nuageux, le soleil se lève pendant notre marche de deux heures dans le Golden Canyon. L'effet "Vallée de la Mort", et les bienfaits d'un petit-déjeuner américain - vous-ais-je déjà précisé que j'étais fan?- se font sentir. La soif n'est pas le pire quand on est bon élève et qu'on n'attend pas d'avoir soif pour boire. Mais les lèvres se craquellent et les yeux piquent très rapidement! Les paysages sont tous plus étranges les uns que les autres et on voit la formation de la planète Terre à l'état pur. C'est vivant! ça bouge! ça crisse! ça chante! la stratification, l'érosion, l'âge... un paradis pour les profs de sciences naturelles! Les dunes de sable de Mesquite flat nous offrent un coucher de soleil de luxe, et la nuit noire post-burger-du-saloon nous offre les plus belles étoiles. Qui a dit qu'il y avait des humains sur cette planète?

La lendemain, la Vallée de la Mort sans soleil est pour le moins rafraichissante. Les vents sont froids et s'engouffrent partout! Puisqu'il en est ainsi, nous allons visiter, au chaud, le Scotty's Castle, avant de repartir vers la ville. Johnson, un timide millionnaire de Chicago, s'est fait construire par les indiens de la tribu shoshone du coin une résidence secondaire dans le style des missions espagnoles de Californie, et prétendait qu'elle appartenait à son meilleur ami, Scotty. Là, dans la Vallée de la Mort, il avait l'eau courante, plusieurs salles de bains un orgue d'église mécanique, plusieurs piano et même un réfrigérateur et une glacière, cachés dans un buffet espagnol pour garder le côté authentique.

Nous rentrons par la vallée de Panamint, autre territoire traditionnel des Timbisha Shoshone. Ce n'est pas fini de nous en mettre plein les mirettes? Puisque j'ai vu la Terre de plus près, et puisque j'y ai survécu, je ne vois pas pourquoi je rentrerais m'enfermer dans une boite devant des écrans. Ça y est, c'est décidé, quand je serai grande, si je n'arrive pas à devenir une Timbisha Shoshone, je serai ranger au Death Valley National Park.

La Death Valley de plus près:
http://www.nps.gov/deva/index.htm

http://www.timbisha.org/


mardi 26 janvier 2010

A suivre: les aventures d'un groupe de parisiens dans la Vallee de la Mort

Bientot, je vous raconterai notre western dans la Death Valley. Il va falloir attendre le retour d'internet... Depuis les tempetes de la semaine derniere, durant lesquelles j'ai regarde les cables et les pinces-crocos qui les relient se balancer dangereusement a moins d un metre de ma fenetre, nous sommes coupes du monde: plus d'internet, plus de telephone, oh mon Dieu qu'allons nous devenir? J'ai donc rampe sur des kilometres jusqu'au clavier americain le plus proche - je suis alle en voiture a la fac innondee- pour vous ecorcher quelque message de patience. Ah, le confort moderne americain.... ca fait rever........