mercredi 3 février 2010

Death Valley National Park

Dès la sortie de l'agglomération de Los Angeles, après les monts enneigés de San Gabriel, on plonge dans l'immense désert de Mojave, au sud de la Death Valley. Il reste alors trois heures et demi de route avant d'atteindre le parc national, trois heures et demi où les villes pourtant notées sur la carte se résument en majorité à une vieille station-essence-supermarché entourée de deux ou trois mobil home. Les routes deviennent de plus en plus étroites, et au delà de la route inter-état 5, deviennent peu à peu des pistes à peine goudronnées, et les panneaux des villes qui se font de plus en plus rares affichent, comme dans Lucky Luke, un nombre d'habitants de plus en plus faible. Certains mystères américains s'éclaircissent, dont la possession massive des SUV - énormes engins plus ou moins 4x4 - et l'unanimité de leur utilité, et ce même chez les gens qui ne mettront pas les pieds hors de Los Angeles mais ça c'est une autre histoire.

Avant de quitter l'axe principal Interstate Highway 5, nous visitons la petite ville fantôme de Calico. A moitié reconstitué, c'est un ancien village installé sur des mines d'argent. C'est très exactement Walnut Grove - le village de La petite maison dans la prairie - face au désert. Voilà, il ne nous reste plus qu'à longer le parc national sur deux heures de toute petite route, nous indiquant bien qu'on ne trouvera pas d'essence avant l'intérieur du parc, soit deux bonnes heures. En arrivant, la vue du Zabriskie Point annonce la couleur -Ta dah! - et un petit passage chez les rangers nous informe des meilleurs endroits à voir, de l'importance de ne pas mettre sa main dans un trou, de l'importance de ne pas s'engouffrer dans les anciens tunnels des mines - qui aurait l'idée de faire une chose pareille, tient, y en a qui l'ont eu! et en plus je les connait - de l'importance de ne pas gouter le sel des sols de la Vallée à 50 mètres des gisement de Borax - tient, pareil, je connais des gens qui ont essayé! - et surtout, surtout, de l'importance de boire tout le temps - et même si "oh non mais moi j'ai pas soif".

La vue de notre hôtel- disons "ranch"- le petit matin est assez spectaculaire. Le lever du soleil sur les monts du Panamint Range fait encore "Ta dah!" Et la cerise sur le gâteau, c'est le coyote que Louis et moi avons croisé, là tout près de nous. Il s'est mis à hurler alors qu'un chien et son maître passaient par là, c'est comme ça qu'on l'a reconnu! Les rangers déconseillent d'amener son animal domestique. Ils disent qu'il y en a deux ou trois par an qui disparaissent...
Nous voilà donc partis pour Badwater -282 pieds en dessous du niveau de la mer- Devil's Golf course et l'épaisse croute de sel sur laquelle on marche, Natural Bridge, Artists palette - même formation que les ocres de Roussillon. Alors que le temps était froid et nuageux, le soleil se lève pendant notre marche de deux heures dans le Golden Canyon. L'effet "Vallée de la Mort", et les bienfaits d'un petit-déjeuner américain - vous-ais-je déjà précisé que j'étais fan?- se font sentir. La soif n'est pas le pire quand on est bon élève et qu'on n'attend pas d'avoir soif pour boire. Mais les lèvres se craquellent et les yeux piquent très rapidement! Les paysages sont tous plus étranges les uns que les autres et on voit la formation de la planète Terre à l'état pur. C'est vivant! ça bouge! ça crisse! ça chante! la stratification, l'érosion, l'âge... un paradis pour les profs de sciences naturelles! Les dunes de sable de Mesquite flat nous offrent un coucher de soleil de luxe, et la nuit noire post-burger-du-saloon nous offre les plus belles étoiles. Qui a dit qu'il y avait des humains sur cette planète?

La lendemain, la Vallée de la Mort sans soleil est pour le moins rafraichissante. Les vents sont froids et s'engouffrent partout! Puisqu'il en est ainsi, nous allons visiter, au chaud, le Scotty's Castle, avant de repartir vers la ville. Johnson, un timide millionnaire de Chicago, s'est fait construire par les indiens de la tribu shoshone du coin une résidence secondaire dans le style des missions espagnoles de Californie, et prétendait qu'elle appartenait à son meilleur ami, Scotty. Là, dans la Vallée de la Mort, il avait l'eau courante, plusieurs salles de bains un orgue d'église mécanique, plusieurs piano et même un réfrigérateur et une glacière, cachés dans un buffet espagnol pour garder le côté authentique.

Nous rentrons par la vallée de Panamint, autre territoire traditionnel des Timbisha Shoshone. Ce n'est pas fini de nous en mettre plein les mirettes? Puisque j'ai vu la Terre de plus près, et puisque j'y ai survécu, je ne vois pas pourquoi je rentrerais m'enfermer dans une boite devant des écrans. Ça y est, c'est décidé, quand je serai grande, si je n'arrive pas à devenir une Timbisha Shoshone, je serai ranger au Death Valley National Park.

La Death Valley de plus près:
http://www.nps.gov/deva/index.htm

http://www.timbisha.org/


mardi 26 janvier 2010

A suivre: les aventures d'un groupe de parisiens dans la Vallee de la Mort

Bientot, je vous raconterai notre western dans la Death Valley. Il va falloir attendre le retour d'internet... Depuis les tempetes de la semaine derniere, durant lesquelles j'ai regarde les cables et les pinces-crocos qui les relient se balancer dangereusement a moins d un metre de ma fenetre, nous sommes coupes du monde: plus d'internet, plus de telephone, oh mon Dieu qu'allons nous devenir? J'ai donc rampe sur des kilometres jusqu'au clavier americain le plus proche - je suis alle en voiture a la fac innondee- pour vous ecorcher quelque message de patience. Ah, le confort moderne americain.... ca fait rever........

mercredi 20 janvier 2010

Un petit week-end sympa

A l'occasion de la venue de son frère, Louis m'a dit "tiens, on pourrait se faire un petit week-end sympa dans la Vallée de la Mort!". Avec un nom comme comme ça et toutes les histoires qui s'y associent, il y a vraiment de quoi y passer "un petit week-end sympa". Il suffit de lire les statistiques:
- Taux d'humidité de l'air de 3% 4 mois dans l'année,
- températures moyennes en été autour de 50°C à l'ombre- on peut faire cuire un œuf sur les pierres,
- 17 espèces différentes de serpents + plein d'autres reptiles gonflés de venin dont une seule goutte suffirait à tuer un éléphant (bon là j'extrapole un peu...)+ les tarentules, grande spécialité locale, les scorpions, les coyotes, lynx et autres lions des montagnes.
Et là, vous me dites "oui, mais ce n'est qu'en été... " Et bien moi qui ai lu des Lucky Luke, vu des westerns, j'ai quand même vérifié. Je devais faire face à mon destin, et quitte à y aller, autant se renseigner : en hiver, le taux d'humidité ne dépasse pas les 25% et les températures varient de -10°C à 18°C... on essaiera d'avoir le 18. Les animaux dangereux, eux, sont toujours là. Dans ce milieu, pas d'hibernation.
Les guides touristiques sont très rassurant, avec tout ça. Tous consacrent une petite partie sur "comment rester en vie", "les précautions à prendre" de type "ne pas poser le pied par terre", "combien de morts cette année". Mon destin était là devant moi, j'allais savoir si j'étais aussi forte que Cable Hogue.

mercredi 16 décembre 2009

San Francisco...

J'espère qu'il y a peu de lien entre la réputation de San Francisco, "la ville la plus européenne de Californie", et le fait qu'elle m'ait litteralement transportée. Si il y en a un, j'ai l'esprit particulierement fermé. Cela dit, je ne saurais pas dire si elle est vraiment européenne. Après une route désertique sous le soleil, nous sommes arrivés par le Bay Bridge dans une brume froide et grise, assez typique paraît-il. Là, entre les buildings si hauts qu'on ne voit plus le ciel, je dois dire qu'on se croirait à la maison. Les rues - car contrairement à Los Angeles, il y a des rues - sont surpeuplées, les magasins debordent. Les immeubles de Downtown sont tous plus beaux les uns que les autres et les Painted Ladies - les maisons victoriennes aux couleurs pastelles- donnent à la ville tout son côte funky. Les vieilles Mustangs descendent les rues -très en pente- à toute allure, elles rebondissent et tanguent dans les virages, soooo funky!!! Je crois qu'aucune ville européenne n'a de lions de mer qui font bronzette sur le port...

Peut-être que le côte européen vient de sa taille : on peut marcher beaucoup pour voir beaucoup. on passe d'un quartier a un autre, on a toujours quelque chose à voir rien qu'en marchant. Qui a dit que trois jours suffisaient pour visiter San Francisco? Il y a toujours encore plus à voir. Très européen également, la balade dans la ville un Black Friday : au lendemain de Thanksgiving les magasins ouvrent à 4h du mat' pour des soldes monstrueuses. Dans notre hôtel de Chinatown, on en a été reveillé à 5h par un groupe de japonais qui partait à la chasse -pourquoi des japonnais en plein Chinatown, alors qu'il y a un Japantown tres chouette? c'est comme des francais à Chinatown, en fait. Apres un petit dej' au Cafe de la Presse - en dessous de l'école Notre Dame des Victoires - nous avons pu profiter de la ville : boutiques de Market Street noires de monde, averses entre les eclaircies, vent froid, SFMoma, gens qui sortent apres 22h...... hmmmm, ca y est, c'est la maison ! En se promenant plus loin du centre, on passe par des endroits qui ressemblent à Londres, Dublin, Amsterdam...

Et puis, un autre petit dej' a Height Ashbury et on quitte l'Europe! Beaucoup moins coincé que Paris, pour sûr, Height Ashbury est le quartier du Summer of Love 1967, et a logé Janis Joplin, Le Grateful Dead... Tout a commencé là. Les babas - ceux d'il y a 40 ans - sont toujours là, la vie facile dans leur jolie petite maison colorée, sous les arbres. L'engagement politique est franchement tranquille et sans risque, ici... Facile d'être militant quand on a une maison proprette et des gentils voisins... Et être écolo dans une maison en séquoia dont la construction en nombre massif a decimé les forêts de Californie?.... A part ça, boutiques vintage géniales, librairies - et oui, ici, elles existent !!! - tres pointues, culture plastique et musicale très urbaine, pas encore bobo... un paradis d'intello. Mais comme "nous ne sommes pas là pour regarder les livres et les fringues" - et pourquoi pas, je vous prie? - il faut laisser de la place au grand, très très grand, somptueux et magistral Golden Gate Bridge. En marchant sur le pont, le vent et le vertige ne sont pas les seuls a couper le souffle : Suspendus à 67 mètres au dessus de l'eau, on voit l'immense baie de San Francisco et on se figure très facilement pourquoi l'on ne s'echappe pas (vivant) d'Alcatraz. Les courants et les vents sont violents et les quelques bateaux font du sur-place. A l'autre bout du Golden Bridge, dans un recoin de la baie bien à l'abri, la très chic Sausalito : Balade dans la rue, entre l'eau et les petites boutiques sous les érables rouges. Le Golden Gate Park ressemble au Parc Rotschild de Boulogne, sauf qu'il y a des musées, des jardins botaniques, des immenses eucalyptus et des bisons - tatanka. Buffalo Bill en avait donné un au parc, à l'epoque, mais celui-ci s'etait echappé. Louis trouve que ça à l'air d'une bestiole tranquille. Je ne veux même pas essayer de l' enerver...

Dernier ptit dej' - je sais, je ne pense qu'à ça- au Castro. Village sympa, coeur de la culture gay. Paradoxalement, ça fait très libre, mais surtout très gettho. Pourquoi les americains sont-ils tellement gettho? Avant de partir, il ne nous reste plus qu'à aller embrasser la ville du haut de Twin Peaks, la colline (et ses antennes) qui domine la baie de San Francisco. Plein les yeux, suffisement jusqu'à la prochaine fois, j'espère. C'est une maison bleue... Mon père et mon frère ont chanté pendant deux semaines, paraît-il. Moi j'avais plutot "Dock of the Bay" dans la tête. Et il y en a encore plein d'autres à aller essayer sur place.

mardi 8 décembre 2009

La route 5 sous la neige


Et voilà le même endroit sous la neige seulement une semaine après notre voyage. Le sud de la Californie vient d'essuyer un violent orage venant du pacifique, faisant chuter les températures. Alors qu' a Manhattan Beach, les seaux d'eau tombaient, c'était de la neige au nord de LA!!! des tonnes de neige!!!! aujourd'hui, les montagnes que l'on voit depuis la fac sont blanches. Derrière les palmiers, c'est magnifique !
Les trois photos ne sont pas les nôtres: j'aurais tellement aime aller les prendre moi-même... tant pis, ce sera pour une prochaine fois !

jeudi 3 décembre 2009

If you're going to San Francisco


La route 5 LA -Frisco est en soi vraiment une bonne découverte, très dépaysant, très road movie, on s'y croirait. Le départ au matin de Thanksgiving nous a permis de profiter pleinement des longues routes désertiques américaines : 6 heures de désert, dans la plaine, entre collines pelées, et au fond, la Sierra Nevada. On sent bien le côté introspectif, I'm a poor lonesome cowboy. Et puis là, tout d'un coup, des vignes, des fruitiers à perte de vue. Florissants, alors que le sol, l'air, le soleil, rappellent bien que la Californie est particulièrement touchée par une sécheresse sévère. Le bison de la plaine n'a apparemment plus rien à manger.... à se demander ce que mangent les milliers de vaches serrées les unes contre les autres et parquées dans des enclos, au milieu de nulle part - ce qui n'est pas plus mal étant donné l'odeur qui traîne sur des kilomètres. Ce n'était donc pas une légende !
En arrivant à San Francisco, comme lorsque l'on quitte Los Angeles, on passe par des hautes montagnes rases, deux ou trois Ranchs pour de vrai, et, entre Fresno et San Francisco, des forêts d'éoliennes. Leur nombre aide probablement au fait que la Californie soit le premier Etat américain en matière d'écologie. Yeeeeeeeeeeehaaa! c'était un vrai délice de voir les panneaux pour Fresno !
Le voyage retour a été très beau, mais beaucoup moins initiatique. le coucher du soleil par delà les montagnes enneigées de la Sierra Nevada éclaire la plaine où paissent les bisons - "tatanka" en natif-américain - ou plutôt les énormes vaches noirs des mangeurs de burgers. Mais les routes américaines ne sont définitivement pas conçues pour faire face à un retour de week-end prolongé de Thanksgiving, entre deux des villes les plus peuplées du territoire américain. Deux fois deux voies et les camions autorisés à circuler tous les jours....