mardi 24 août 2010

Monument Valley



La journée était déjà bien avançée lorsque nous avons quitté Grand Canyon. La route suit le Colorado puis traverse le Little Colorado pour arriver en territoire Navajo. Les petites cabanes d'artisanat Navajo - et peut être Hopi- se font plus nombreuses. La route remonte dans le Painted desert, longe la reserve Hopi enserrée en territoire Navajo. Après Kayenta et ses stations essences qui surgissent dans un désert de terre rouge,on commence à apercevoir les mesas, ces hauts pitons plats sortis de nulle part... le soleil se couche, tout s'enflamme. La nuit est tombée sur Monument Valley.

Le territoire Navajo est le plus vaste des territoires indiens aux Etats-Unis, avec plus de 175 000 habitants vivant sur environ 69 000 km2, entre Arizona, Utah, Colorado et Nouveau Mexique. Arrivés en terre Hopi aux environs du XIIIe siècle, les Navajo ont été déportés à Fort Sumner en janvier 1862. Les pertes humaines de la Longue Marche - the Long Walk, 500km en plein hiver- ont été suivies de celle d'un quotidien dans la première réserve indienne, Bosque Redondo. Après les famines, les épidémies, les conflits entre les différentes tribus, le gouvernement consent en 1868 au retour des Navajo sur leur terre, limitée alors à 14 000km2. Suivant le tracé gouvernemental américain, cette terre traditionnelle et sacrée entoure le territoire Hopi. Les deux peuples n'ont jamais été en très bon terme, et aujourd'hui, alors que l'économie du tourisme fait rage, les Hopis se sentent complétement phagocytés.

Nous garons RV - le camping car- sur l'ère de camping: un terrain de sable rouge bien compressé, avec 3 toilettes de chantier et deux tables de pic-nique. Sobre, mais bon, on n'a besoin de rien, on est là pour communier avec les éléments. Tiens, au fait, la pierre indienne qui interconnecte l'homme aux éléments naturels est la turquoise.
Je suis tellement Nature que je suis irrésistiblement attirée par la boutique de souvenirs Navajo, entre l'hôtel et le musée. Je vais pouvoir être encore plus en phase avec toutes ces très belles bricoles artisanales! pas très loin se cachent des Minnetonkas, les célèbres mocassins indiens prisés des stars hollywoodiennes comme des minettes germanopratines... Possible ou pas? Cécile adhère à mon envie. Validée, nous étudierons la question demain.

Après une très courte nuit noire agrémentée de hurlements de coyotes, Louis et moi mettons les pieds dans le sable rouge pour voir le soleil se lever sur les Mesas célèbre de Monument Valley. Tiens, y a John Wayne, là-bas... A bien y regarder, on les reconnaît, comme si on les avait toujours vues. Le fait est, vu le nombre de films tournés ici, on les a vu un grand nombre de fois depuis tout petits. Mais rien n'empêche le spectaculaire, c'est quand même mieux en vrai!

Notre cher RV continue à montrer ses limites: il ne pourra pas remonter sur les pistes caillouteuses de la Valley sans l'intervention des dépanneuses Navajo... nous renonçons au grand tour pour marcher deux heures autour d'une Mesa. Les lézards sont gros comme des varans et les énormes colonies de fourmis rouge sur sable rouge rappellent les tortures indiennes. La balade n'est pas longue, plutôt tranquille. Nous partons tôt: après Antelope Canyon, il sera peut être encore temps pour une baignade dans le Lake Powell...

jeudi 17 juin 2010

les photos du Grand Canyon



Pour les vidéos, c'est sur mon profil facebook

Grand Canyon


Après avoir regardé une vidéo sur l'usage d'un camping car, qui aurait été probablement très instructive si nous l'avions vraiment regardée, nous voilà enfin partis sur la route!

Nous passons dans l'Arizona, par le barrage de Hoover - Hoover Dam pour les intimes. Il produit l'électricité du Nevada, de l'Arizona et de la Californie, et contient le Colorado en un lac, le lac Mead, qui irrigue la ville entière de Vegas et sa région. Quand on goûte à la sécheresse locale, on comprend mieux pourquoi en passant sur le barrage, on voit d'un côté la roche des falaises qui bordent le lac marquée par l'ancien niveau de l'eau- plusieurs mètres au dessus de l'actuel- et, de l'autre côté, le grand et célèbre fleuve Colorado qui s'enfuit en un minuscule filet d'eau. Ce même Colorado qui irriguait les cultures indiennes et mexicaines ne produit plus assez d'eau pour les réserves indiennes en aval.

La route descend ensuite vers la 66 que nous suivons de pas très loin sans même la prendre: au delà de notre route 40, les routes sont plutôt des pistes sur un sol de rocaille blanche. Les villes de la carte sont formées par des ensemble de mobil home. Les gros SUV soulèvent des nuages de poussière sur leur passage: ça y est, le Far West!!!!

La route est longue, mais il fait moins chaud et le soleil commence à descendre. Le plat se vallonne, puis se creuse de canyon, le mot magique. Les sillons mangent la terre, et l'on voit apparaître au loin quelques "monuments" et montagnes avec même un peu de neige- trèèès loin. Au fur et à mesure, des sapins et des pins bordent la route sur un sol qui redevient plat. Nous entrons sur le plateau de la rive sud, et arrivons à Grand Canyon Village à la nuit tombée.

Après un barbecue sans bois ni lampe de poche suivit d'une nuit peuplée de bêtes qui rodent - que j'ai été la seule à.......imaginer?- on touche au but: nous, là, face à l'une des choses les plus spectaculaires qu'il m'ait été donné de voir. Le gouffre est immense. Tellement différent des images et des photos. Les couleurs se chevauchent, les plateaux se rapprochent et s'éloignent, et la ligne d'horizon reste toujours aussi droite. Nous remontons le sentier qui longe la rive Sud à partir de Mather Point. Le mince filet bleu du Colorado nous signale le fond du canyon.Mes yeux ont du mal à suivre la profondeur.De notre point de vue, le canyon fait à peu près 1500m de profondeur tailladée en strates qui remontent à 1,8 milliards d'années pour la plus vieille. Sa largeur varie entre 13km et 26km. Nous voyons la pluie se former à l'intérieur du canyon et le soleil au loin qui illumine une gorge rouge et orange.

Nous suivons le sentier- assez sécurisé et très pédagogique- qui borde le canyon en passant sous les pins. Il y a de plus en plus de monde et de plus en plus d'écureuils qui grimpent sur les gens pour récupérer de la nourriture. Une maison traditionnelle Hopi est entourée d'hôtels. Un peu plus loin, le Bright Angel Trail descend dans la faille du Bright Angel. Des panneaux d'avertissement montre la photo de Stacey, 27 ans, en train de se faire réanimer par une équipe de secours après avoir été prise d'une attaque de chaleur. Il ne la réanimeront pas. Nous voyons les gens descendre et devenir fourmis.Certains groupes descende à dos de mule. Il paraît qu'il faut 7 à 8 heures pour descendre. J'attendrais bien pour voir qui peut remonter, mais nous avons encore de la route à faire...

vendredi 11 juin 2010

A la radio: Creedence Clearwater Revival

J'ai toujours été persuadée que le son de Los Angeles consistait surtout en du gros R'n'B MTV avec des filles qui shake leur booties. Mais la radio, la télé, et les bars diffusent surtout presque exclusivement et à mon grand plaisir du rock'n'roll et ses dérivés. On entend partout et tout le temps des grands classiques allant de Janis Joplin à Sublime... un peu cliché, ils accompagnent la route avec de la country, et tout le monde danse le samedi soir sur Sweet child O' mine des Guns'n'Roses. Bref, peu de nouveautés, mais ça fait quand même du bien de changer de classiques: apparemment, depuis 1967 la radio ne s'est jamais arrêtée de diffuser les Creedence Clearwater Revival, un grand classique qu'on entend jamais en France - à part peut être les reprises de Proud Mary.

Et bien moi, dans le désert de Mojave ou en allant à San Francisco, tous les tubes des Creedence me rappellent les routes de Dordogne. Périgord-US, il n'y a qu'un pas... et mon papa avec ses lunettes de soleil et le bras gauche appuyé à la portière, fenêtre grande ouverte...

mercredi 9 juin 2010

Las Vegas


Je ne serais jamais passée par Vegas, si ce n'était pas une étape pour aller au Grand Canyon. A l'entrée du grand tour des merveilles naturelles américaines, nous y avons retrouvé Renaud et Cécile pour récupérer un camping car -RV- avant de filer vers les grands espaces.

Au bout du désert de Mojave on se retrouve dans un désert qui à l'air bien plus grand, l'Etat du Nevada. L'entrée est marquée par une espèce de casino et de mini parc d'attractions, avec de toutes petites montagnes russes. Les panneaux indiquent que la prochaine ville après Vegas est Salt Lake City, dans l'Utah, à 676km de là. Et puis on voit surgir au bord de la route des maisons jumelles qui se suivent sur des kilomètres de résidences, et des fantômes de buildings floutés par la brume de chaleur.

L'hotel Louxor, celui de Mars Attacks, est beaucoup moins glamour que sur les images et la piscine qui était l'endroit où j'avais prévu de passer tout mon temps atteint difficilement son mètre de profondeur. Un petit tour sur le Strip sous le cagnard du début d'après midi ne me persuade pas de l'attrait de la chose... et dire que les gens viennent y passer des vacances! Le ciel se couvre, l'air est lourd, les rues sont pouilleuses, les casinos aussi. Les filles qui dansent -mal- sur les tables sont toutes des poupées au label douteux, et les mecs ont des allures de macs. Les canapés sont troués et puent le renfermé...

Pas franchement déçue, il a fallu que j'attende la nuit pour me prendre au jeu.Dès la nuit tombée, les boutiques deviennent belles et lumineuses. Tout s'éclaire, et Vegas devient un parc d'attractions. nous avons profité d'un show au piano-bar du Flamingo, avant d'aller manger un burger à Paris! Les rues de New York sont magnifiques, Le Bellagio, lui, est franchement classe. Bon d'accord, on s'est beaucoup amusé, et le tout sans avoir beaucoup joué...

Merci Renaud pour la photo!!

vendredi 21 mai 2010

jeudi 20 mai 2010

La neige de mai à Los Angeles: Big Bear




Un peu d'hiver à LA? Dès les premières vagues de froid,en novembre, la neige a recouvert la chaîne de San Gabriel et au lendemain des jours de pluie à Manhattan Beach- si, si...- on voyait là-bas, derrière les palmiers, les collines d'Hollywood blanches de sucre-glace. Alors que nous étions encore à barbotter dans l'eau sous un soleil de 25°C, les jeunes californiens passaient leurs week-ends à la montagne. Mine de rien, Los Angeles c'est aussi le ski! j'aurais presque envie d'essayer...

D'après la légende, les stations sont à deux heures de la plage, montre en main... les jours où absolument personne n'a décidé d'aller skier: impossible d'atteindre les stations bondées de décembre à février. Un genoux abîmé et mon amour naturel du ski nous ont permis d'attendre la fermeture des pistes pour enfin découvrir Big Bear, petit village suisse de Californie sous le beau soleil de mai.

Big Bear Lake est situé au bord d'un beau lac artificiel, au milieu de la Forêt Nationale de San Bernardino qui, sous une déclinaison de pins et de sapins, abrite de gros ours- comme le nom du village le laisserait à penser. Les indiens Serrano et Cahuilla y survivaient en chassant le grizzli... j'essaierai de l'oublier dans nos prochaines balades. On accéde au village par une longue route de crête qui longe des à-pics couverts de neige: la montée à plus de 2000 mètres est brutale. Le village mêle des châlets suisses, des maisons bavaroises, un magasin de spécialités allemandes à côté d'un magasin indien, des maisons canadiennes et un restaurant himalayen avec un délicieux fromage au lait de yack fait maison -sur place?

Après dégustation de mets locaux et moins locaux, ainsi qu'un peu de repos dans une piscine brulante, nous avons pu profiter des magnifiques promenades en forêt. La terre est étonnement très sêche, et le vent souffle fort: à en juger par les immenses étendues de vieux troncs calcinés, des pans entiers de forêt doivent être réguliérement ravagés. Les deux heures de promenade au grand air sont bien salutaires et pédagogiques: un guide de la faune et de la flore nous apprend que par là vit l'ours, le lion des montagnes -plus connu sous le sobriquet de puma-le lynx et notre cher ami, le serpent à sonette. La chance avec nous, nous avons seulement pu admirer les beaux écureuils, lézards, et quelques rapaces.

Une fois de plus, la nature Californienne et ses grands espaces nous a plus que séduit. Du vrai rêve. Je pense me faire ermite. Et c'était bien vrai, quand personne ne décide d'aller skier, le trajet dure deux heures montre en main... et après une descente bien sentie au niveau des tympans, nous avons tristement retrouvé la ville, les kilomètres et les kilomètres de lotissements aux pelouses vertes et grasses, en plein milieu du desert. Nature, je reviendrai...